COURRIÈRES 1906

Synopsis
Nadine Lermite
Reproduction interdite


C’est au cours d’une des tournées de charbon quotidienne après sa journée de classe que Louis, 12 ans, fils de mineur, fait la rencontre de Charles, fils unique de l’ingénieur en chef des mines de Courrières. Alors que tout semble les opposer, les deux enfants se sentent tout de suite complices. Mais ils sont bien conscients que cette nouvelle amitié ne serait pas bien vue par leur milieu respectif, et mettent en place tous les stratagèmes possibles afin d’échapper à la surveillance de leurs familles pour se voir en cachette. Pour Charles, cette amitié vient enfin briser la grande solitude dont il souffre, une solitude encore exacerbée depuis la mort de sa mère qu’il adorait ; quant à Louis, il découvre, en ce nouvel ami, un compagnon si différent de ses habituels camarades de jeux : sensible, à l’écoute et tellement moins brutal !

Mais quand on est fils de mineur et qu’on a 12 ans, il faut commencer à travailler. Après les tests médicaux d’usage, c’est l’attente des résultats, une attente chargée d’angoisse et aussi de regret pour Louis, s’il devait abandonner l’école où il était très bon élève. Et c’est le jour J. Louis a été jugé apte. Il va descendre au fond de la mine. Pour lui, c’est la fin de l’enfance.

Malgré les récits que lui rapporte son ami de ses premières journées de travail, éreinté mais pas peu fier d’être devenu « un homme », Charles ne désespère pas de voir Louis reprendre un jour le chemin de l’école : aussi, en cachette, il lui transmet les cours de son précepteur. Les deux garçons poursuivent donc leurs entrevues et s’enrichissent mutuellement de cette amitié : Charles interroge, impressionné, son ami sur ce monde de la mine qu’il ne connaît que de loin… Quant à Louis, il apprend à apprécier la lecture, la musique et le chant auprès de son ami une fois sa journée de travail achevée.

Depuis quelques jours les hommes sont réticents à descendre au fond. Un feu s’est déclaré qui pourrait bien enflammer les poussières de charbon en suspension dans la mine. Le père de Charles, ingénieur en chef des mines de Courrières, prévient la Direction. Mais celle-ci ne veut rien entendre, sous prétexte que le règlement ne stipule pas, en France, que l’on doive prendre la peine d’arroser les poussières uniquement pour des raisons de sécurité. Quelques heures plus tard : c’est la catastrophe. Le feu se propage à la vitesse du son sur plus de cent kilomètres de galeries. En même temps que des centaines d’autres hommes et d’enfants, Louis se trouve alors au fond aux côtés de Gustave, un vieux mineur qui conduit le cheval de la mine et auprès duquel l’enfant a été affecté ...

Le feu a été particulièrement meurtrier et les quelques rescapés racontent l’horreur dont ils ont été témoins. Très vite, l’espoir qu’il y ait des survivants s’amoindrit. Sur 1500 mineurs, moins de 400 sont remontés ! Pour préserver la mine, la Direction décide alors de boucher les puits, diminuant d’autant les possibilités pour d’éventuels rescapés de s’en sortir. Le père de Charles, par lâcheté, ne s’oppose pas à cette décision pourtant trop hâtive de ses supérieurs. Dehors, la révolte gronde : non seulement on soupçonne la négligence de la direction en matière de sécurité d’être à l’origine de la catastrophe, mais on ne peut accepter l’idée que d’éventuels survivants soient comme « emmurés » par faute de cette nouvelle décision. Pendant ce temps, au fond de la mine, Louis, Gustave et dix autres mineurs sont encore vivants !

A l’occasion de l’enterrement des victimes, la Direction et les ingénieurs se font huer. On les accuse d’avoir sauvé la mine avant de sauver les hommes. Charles entend la rumeur et se révolte contre son père. Lorsque celui-ci lui déclare que les recherches ont cessé car il n’y a plus d’espoir de retrouver un seul survivant, Charles s’enferme dans sa chambre et refuse de s’alimenter pendant plusieurs jours.

Les jours passent, et au fond, les treize survivants vivent des moments terribles, obligés pour survivre de boire leur urine, de manger le col de leur chemise et d’abattre le cheval, dernier ami de Louis après qu’il ait retrouvé le corps calciné de son père au hasard d’une galerie effondrée, et que le vieux Gustave ait rendu son dernier souffle. Après vingt jours de souffrances et d’angoisse, les hommes, à bout, sur le point de devenir fous, finissent par trouver enfin une voie qui les mène à l’air libre.

Charles, fou de joie à cette nouvelle, court à la rencontre de son ami. Mais Louis n’est plus le même. La survie au fond de la mine lui a appris la solidarité avec les mineurs. Son combat est désormais auprès d’eux ; il ne peut pas rester l’ami du fils de celui qui a choisi le parti de la Direction contre celui de ses compagnons. Alors que Louis reprend le chemin de la mine, il croise l’attelage qui emmène Charles vers un collège, en Angleterre, où il apprendra à devenir un capitaine d’industrie... Les deux enfants échangent un regard où se lit le regret d’une amitié brisée par les agissements des adultes. Puis chacun reprend sa route vers son destin...